On entend beaucoup parler de fétichisme pour définir des obsessions de toutes sortes. Aussi, difficile de démêler la notion de fétichisme et de définir les fétichistes.

 

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C’est le moment de s’interroger : serions-nous tous fétichistes ?

 

Le fétichisme : qu’est-ce que c’est ?

Selon la définition du Larousse, le fétichisme désigne « la déviation des pulsions sexuelles d’un sujet sur un objet érotique de substitution qui peut être aussi bien une partie déterminée du corps (cheveux, seins, fesses) qu’un objet (vêtement, chaussure).”

Concrètement, on peut considérer le fétichisme comme une obsession nécessaire à une personne pour lui permettre d’atteindre l’excitation voire, dans certains cas, impérative pour atteindre l’orgasme.

Le nombre de fétichismes existants est indénombrable tant il y a de variétés (y compris sur des sujets qui ne vous viendraient pas à l’esprit !). Pour vous en rendre compte il suffit de taper « fétichisme » dans un moteur de recherche et d’observer la diversité des résultats. Cela peut concerner de la lingerie sexy (des bas, des porte-jarretelles, … ), ou des parties du corps (les pieds qui sont un des fétichismes les plus connus). Cela est très admis d’être excité par ce genre de détails et l’on peut même entrer dans un jeu érotique de façon plus ou moins ponctuelle. Dans ce cas-là on peut plutôt parler de simple fantasme.

 

Quand le fétichisme devient problématique

En revanche, avoir systématiquement besoin que sa partenaire porte des sous-vêtements précis ou d’une matière spécifique (soie, satin, cuir, … ) ou toujours le même type de chaussures pour être excité et pour prendre du plaisir, cela répond à la définition du fétichisme (littéralement “adoration d’un fétiche”).

 

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En effet lorsque la satisfaction sexuelle dépend uniquement de la présence d’un objet ou de la focalisationsystématiquement sur une partie du corps, comme les pieds, cela peut devenir un problème. Tout d’abord pour le partenaire qui est l’objet du fétichisme, car il peut avoir des envies ou besoins qui sont très différents (quid du port de la combinaison en latex quand on aime le confort d’un bon pyjama, même en soie). Encore pire, si son partenaire est excité par les pieds et va se concentrer uniquement sur cette partie du corps car cela va lui suffire pour atteindre l’orgasme, cela va pouvoir être difficile pour l’autre d’obtenir une satisfaction sexuelle. Imaginez donc la frustration qui en découle.

On parle dans ce cas précis de paraphilie (dont fait partie le fétichisme) et qui se définit comme un fantasme ou un comportement sexuel récidivant et sexuellement excitant, survenant depuis au moins 6 mois, et ayant un retentissement gênant pour le sujet, ou la société, voire pour l’entourage. D’après une étude de 2007, le fétichisme le plus répandu concernerait une partie du corps.

 

Les différentes catégories de fétichisme

Analysé sous l’angle médical, le fétichisme a d’abord été interprété comme une déviance sexuelle. Il a été classé en 5 catégories :

  • les formes de fétichisme portant sur une partie du corps (seins, fesses, pieds, … )
  • sur une particularité physique (absence de pilosité, yeux bleus, cheveux longs)
  • sur un objet (sous-vêtements, chaussures, … )
  • sur une action (raser les parties génitales, écraser un objet, … )
  • sur une qualité psychique (femme hautaine, homme autoritaire, … ).

 

Fétichisme : quels sont les plus courants ?

On peut alors se demander quels sont les fétichismes qui sont le plus couramment rencontrés. Le grand gagnant tout pays confondu est le fétichisme des pieds. Et n’imaginez pas que cette pratique sexuelle originale soit récente. Au contraire elle était déjà évoquée 1000 AV-JC ! Bref ça date un peu. Il s’agissait à l’époque d’interdire aux prostituées de porter des chaussures, afin de faire monter le désir et l’excitation chez les clients…

 

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On va retrouver ensuite tous les fétichismes liés aux fluides corporels (sécrétions vaginales, salive, sang, larmes, … ) puis celui qui va porter sur l’anatomie (petite, ronde, âgée, grande, … ), et enfin le fétichisme du latex et du cuir… Ces fétichismes se retrouvent d’ailleurs très communément dans la pop culture. Pensez par exemple au clip de Rihanna plutôtexplicite pour son titre « S&M » ou encore Britney Spears en combi latex rouge carmin.

 

Le fétichisme « entré dans la norme »

Aujourd’hui, les mentalités ont évolué et certains fétichismes sont acceptés dans la société comme faisant partie intégrante de la sexualité (sans inclure une notion de déviance). Ce qui compte n’est pas tant sa nature que la façon dont elle s’intègre dans la relation. Et en la matière, comme aiment le rappeler les sexologues : « un seul principe s’impose : tout est permis dans le respect de la liberté de l’autre ».

En effet on remarque bien que certains fétichismes n’ont rien d’une déviation sexuelle. Au contraire, ils vont contribuer à la séduction et doivent donc être considérés comme parfaitement normaux et même inhérents à toute vie sexuelle.

 

Le fétichisme « fantaisie »

Au degré suivant, on qualifie le fétichisme de « fantaisie ». En effet, pour certains, le fétichisme devient une véritable fantaisie lorsque la présence de l’objet fétichisé est nécessaire. Dans le cas où un homme par exemple a besoin de pour obtenir une érection, ou une femme pour atteindre l’orgasme. C’est le cas notamment pour le port de certains sous-vêtements mais le plus souvent, l’objet fétichisé sert à alimenter l’excitation de l’un ou de l’autre sans pour autant être indispensable à toute relation sexuelle. Il est de plus utilisé par les 2 partenaires sans que cela ne pose de problème à l’un ou à l’autre.

 

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Le fétichisme « perversité »

Dans certains cas, le fétichisme devient perversité. Lorsqu’une personne fait passer son fétiche avant la personne car il va dans ce cas sexualiser le fétiche et le sujet devient alors un objet qui sera le support de ce fétiche. Par exemple pour un homme qui présentera un fétichisme des pieds, la femme avec laquelle il a une relation sexuelle n’existe plus, elle ne sert que de support à ses pieds.

C’est de cette objetisation du partenaire que réside la perversité. Car la personne en question ne peut désirer et avoir une relation sexuelle que dans cette situation et en dehors de l’autre personne. Il n’est capable d’aucun désir et d’aucune érection sans ce fétiche. Il lui reste alors le recours possible à la masturbation, tout en fantasmant sur la personne réelle ou imaginaire, porteuse de ces attributs.

 

A la recherche d’une cause

Depuis longtemps la recherche a tenté de trouver les causes du fétichisme. Freud, lui, le mettait en rapport avec le complexe de castration, mais il semble que cela soit bien plus complexe et les chercheurs peinent encore à expliquer ce type de comportement. Il pourrait être lié à l’enfance (avec l’association des premières sensations érotiques et de certains souvenirs) ou trouver sa source dans la biologie. C’est plutôt du côté du cerveau qu’il faut se pencher et en particulier du lobe temporal (lobe du cerveau situé près de la tempe).

Ce sont des chercheurs japonais qui, profitant de l’arrestation d’un fétichiste des sous-vêtements de 24 ans, lui ont fait passer un examen à l’aide d’un appareil appelé “tomographie d’émission monophotonique”. Ils se sont alors rendu compte que le débit sanguin était diminué dans certaines parties du cerveau, au niveau des lobes temporaux et occipitaux. Ils en ont conclu que cette caractéristique se trouvait sur des personnes fétichistes. Aussi, avec une thérapie comportementale, traitement de référence jusqu’à présent, il a vu son trouble s’améliorer.

 

Une prise en charge complexe

Etant donné que le fétichisme provoque une souffrance, il est alors problématique dans la vie de couple. Ceci va pousserles fétichistes à consulter un sexologue. Le travail réalisé pour se débarrasser de ce fétichisme va être basé sur une stratégie progressive d’évitement de l’objet impliqué. Il est conseillé en parallèle de développer des fantasmes et de travailler sur l’excitation et le plaisir afin de les associer à une sexualité jugée plus classique.

 

Alors tous fétichistes ?

Au final, il convient de nous interroger, car Indépendamment du sexe, ne sommes-nous pas fétichistes d’une voiture, d’unvêtement ou du dernier modèle de smartphone en particulier ? Nous décomposons le monde en parties accessibles à notre désir et notre compréhension. Il en va de même en matière de sexualité, nous allons nous focaliser sur un aspect spécifique qui va être source de plaisir pour nous.

 

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Il ne faut pas condamner les fétichismes, car au final, multiplier les objets de désir nous permet d’être capable de ressentir de l’excitation pour de nombreux détails ou aspects de la sexualité. Ceci peut se révéler une bonne manière de renforcer ses capacités érotiques : “Nous aimons explorer et jouer avec les pulsions partielles, nous banalisons le SM soft de 50 nuances de Grey, et nous aimons entrer dans un jeu de rôle érotique de temps en temps pour diversifier notre registre sexuel. Il n’y a donc aucun mal à se faire du bien.